Le Kun Khmer signifie boxe cambodgienne, c’est la forme sportive et moderne issue des Arts Martiaux Khmers.

Le Kun Khmer : héritage vivant des arts martiaux cambodgiens

Le Kun Khmer (គុនខ្មែរ), que l’on peut traduire par « art martial khmer », désigne aujourd’hui principalement la boxe khmère, l’une des grandes traditions de boxe d’Asie du Sud-Est.

Sport de combat moderne, le Kun Khmer s’inscrit dans un patrimoine martial cambodgien beaucoup plus vaste et ancien.

Il utilise les poings, les pieds, les genoux et les coudes, ainsi qu’un important travail de corps-à-corps.

Mais pour comprendre le Kun Khmer moderne, il faut d’abord revenir aux arts martiaux khmers traditionnels.

Un patrimoine martial ancien

Le Cambodge possède une longue tradition de pratiques martiales.

Les bas-reliefs des temples de l’époque angkorienne représentent notamment des scènes de guerre, de lutte, d’utilisation d’armes et de combat au corps-à-corps.

Ces pratiques servaient notamment à l’autodéfense, à l’entraînement physique et au combat.

Au fil des siècles et selon les régions, différentes appellations et traditions martiales sont apparues ou ont été transmises.

Kun Lbokator

Le Kun Lbokator est aujourd’hui l’un des systèmes martiaux traditionnels cambodgiens les mieux documentés.

Il ne s’agit pas simplement d’une ancienne forme de boxe.

Son enseignement comprend de nombreuses techniques de combat et d’autodéfense ainsi qu’une dimension culturelle, philosophique et rituelle.

Le Kun Lbokator a été inscrit en 2022 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.

Yutthakun Khom

Le Yutthakun Khom appartient également aux traditions martiales khmères.

Selon les lignées et les maîtres, son enseignement peut comprendre différentes formes de combat à mains nues, des saisies, projections, contrôles articulaires ainsi que le maniement d’armes traditionnelles.

Certaines transmissions accordent également une place importante à la dimension spirituelle et rituelle : respect du maître, pratiques traditionnelles de protection, yantras, mantras, amulettes ou vêtements consacrés.

Ces éléments doivent être compris dans leur contexte culturel et comme des croyances et pratiques traditionnelles dont la transmission peut varier considérablement d’une lignée à une autre.

Baok Chambab

Le Baok Chambab correspond à la lutte traditionnelle khmère.

Elle repose notamment sur les saisies, les déséquilibres et les projections de l’adversaire.

La lutte constitue ainsi une autre composante importante du patrimoine martial cambodgien.

Les arts des armes

Les traditions martiales khmères comprennent également différentes méthodes utilisant des armes, notamment le bâton et diverses armes traditionnelles.

Ces pratiques rappellent que les arts martiaux anciens ne se limitaient pas au combat à mains nues.

De la tradition martiale au sport : le Kun Khmer

Avec l’évolution de la société cambodgienne, certaines formes de combat ont progressivement été organisées sous la forme de compétitions.

La boxe khmère sportive est également connue sous l’appellation Pradal Serey (ប្រដាល់សេរី), littéralement « boxe libre ».

La pratique moderne repose sur un règlement sportif : ring, rounds chronométrés, catégories de poids, gants de boxe, arbitres et juges.

Le combattant peut utiliser :

👊 les poings
🦵 les pieds et tibias
💪 les coudes
🦿 les genoux
🤼 le corps-à-corps (clinch)

Certaines projections et certains déséquilibres sont également possibles dans le cadre défini par le règlement.

Le Kun Khmer est donc une boxe de percussion avec travail au corps-à-corps, et non un système martial comprenant toutes les techniques des arts traditionnels.

Kun Khmer et Muay Thai

Le Kun Khmer et le Muay Thai présentent de très nombreuses similitudes.

Les deux disciplines utilisent notamment les poings, les pieds, les genoux, les coudes et le clinch.

Cette proximité s’explique dans le contexte plus large des traditions martiales de l’Asie du Sud-Est continentale, où plusieurs peuples ont développé des formes de combat partageant des caractéristiques communes.

Le Cambodge et la Thaïlande revendiquent chacun leurs propres traditions, leur histoire et leur identité culturelle.

Il est donc préférable d’éviter de présenter simplement l’une de ces disciplines comme « l’ancêtre » de l’autre : l’histoire précise de leurs influences réciproques reste complexe et fait l’objet de récits nationaux parfois concurrents.

Une culture qui dépasse le combat

Les arts martiaux khmers traditionnels ne concernent pas uniquement l’efficacité au combat.

La transmission peut également intégrer :

  • le respect du Kru, le maître ;
  • des cérémonies et rituels ;
  • la musique traditionnelle ;
  • des principes de discipline physique et mentale ;
  • des traditions spirituelles ;
  • des pratiques liées aux yantras et à la protection, selon certaines lignées.

Cette dimension est particulièrement visible dans le Kun Lbokator. L’UNESCO souligne que sa transmission comprend des pratiques sociales et rituelles, une philosophie, ainsi que des croyances associées à certains maîtres auxquels sont attribués des pouvoirs de guérison ou de protection.

Le patrimoine martial khmer est donc à la fois sportif, historique, culturel et, dans certaines traditions, spirituel.

🥊 Le Kun Khmer aujourd’hui

Aujourd’hui, le Kun Khmer est avant tout un sport de combat moderne et compétitif.

Il est pratiqué dans les clubs, les salles de boxe et lors de compétitions au Cambodge comme à l’étranger.

Mais derrière le combattant qui monte sur un ring se trouve un patrimoine martial beaucoup plus vaste.

On peut ainsi distinguer simplement :

Arts martiaux khmers traditionnels
=> Lbokator, Yutthakun Khom, lutte traditionnelle, armes et autres traditions.

Boxe khmère sportive
=> Kun Khmer / Pradal Serey.

Ces différentes pratiques témoignent de la richesse du patrimoine martial cambodgien et de sa transmission jusqu’à aujourd’hui.

Le Kun Khmer en constitue aujourd’hui l’une des expressions sportives les plus visibles et participe à la transmission et à la valorisation de la culture khmère auprès des nouvelles générations.

 

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